Laetitia Perret sur Fans de nouveaux auteurs

Laetitia Perret, auteur de Lui 20 ans, moi perpétuité, a été interviewée par plusieurs lecteurs intéressés d’en savoir plus sur son histoire et son ouvrage. Sur le groupe facebook, Fans de nouveaux auteurs, Laetitia s’est livrée et à partager un petit bout d’elle-même.

« Prenez soin de vous et oui malgré tout la vie peut être douce, il faut apprendre à danser sous la pluie » Laetitia Perret.

  • Ce livre est une période noire de ta vie…

Oui, une très grosse partie noire, j’ai toujours voulu taire ce qui m’est arrivé et j’ai enfin réussi à poser les mots et à assumer.

  • Qu’est ce qui a été le déclic ?

On m’a toujours dit qu’écrire allait m’aider côté thérapeutique. J’ai commencé pour moi puis l’idée du livre est venue, j’ai mis quasiment 8 ans à aller au bout.

  • Vu qu’il est personnel, je comprends bien…

Je me suis jamais autant mise à nue…

  • Ton livre est-il un exutoire ou davantage une main tendue vers celles qui pourraient en avoir besoin ?

Il a été un exutoire maintenant le but est de redonner de l’espoir et du courage.

  • As-tu été aidée pour mettre tes maux sur des mots ?

Une journaliste m’a juste aidé à me lancer en me posant des questions et après c’est l’émotion qui a écrit.

  • Être lu par des inconnus ça va mais par les proches ? Ce n’est pas trop difficile de se dévoiler ?

Mes proches vont sûrement encore me découvrir, certains refusent de le lire par pudeur, par peur d’avoir mal aussi. C’est difficile de se dévoiler, car l’être humain a tendance à juger. Juger sans comprendre.

  • J’aimerais savoir si tu te sens mieux maintenant, si tu arrives plus à accepter cette tragédie, car on se doute bien que la blessure sera toujours en toi.

Oui, je vais mieux même si je garde des séquelles : peur du noir, des sous sol, du monde… J’ai appris à vivre avec…

  • Penses-tu que ton livre puisse aider d’autres jeunes femmes ou hommes à supporter leur agression ?

C’est mon souhait ! De partager, de pas rester seule et de reprendre goût à la vie.

  • Que ressens-tu face à ton agresseur… Est-ce-que ton livre a soulagé ton mal-être ?

Mon livre m’a aidé à apaiser et lâcher mais je ne pourrais jamais pardonner. Je suis passée par l’envie de comprendre ce qui se passe dans leur tête, à ces monstres, et oui, j’ai et j’aurai toujours de la haine envers Lui.

  • Fais-tu partie d’une association ?

C’était l’idée avec le projet de mon livre.

  • Qu’elle a été la période la plus difficile, le dépôt de plainte ? l’enquête ? le procès ? le verdict ?

Tout est dur, c’est un cercle infernal, c’est long, c’est beaucoup d’énergie, on se demande quand ça va finir et comment on va remonter la pente… Le verdict est je pense le plus écœurant sachant que la justice française c’est zéro… Bonne conduite remise de peine…

  • Est-ce un frein à la reconstruction d’une vie de famille ?

Non, je ne pense pas. J’ai juste pas encore trouvé la bonne personne, qui me donnera envie de construire…
Peut-être la peur d’être une maman surprotectrice.

  • Dans ton livre… essayes-tu de faire passer un message… Aux victimes… Aux agresseurs ?

Aux victimes oui ! Aux agresseurs ce n’était pas le but, après, quand on voit le mal qu’ils font, comme ils bousillent des vies, je pense qu’ils peuvent l’entendre… mais de là à le comprendre…

  • Tu avais 18 ans quand ce drame a eu lieu, étais-tu toujours chez tes parents ? as-tu parlé de suite ou pas ?

Je vivais à cette époque avec mon petit ami du moment, j’ai porté plainte le soir même Car il m’avait poussé à le faire sinon je pense que je ne l’aurai pas fait tout de suite en tout cas.

  • À partir de quel âge peut-on le lire ?

Je pense qu’il n y a pas d’âge, peut être l’âge où on a conscience de ce qu’est la sexualité donc c’est propre à chaque « enfant », « ado « .

Je te remercie chaleureusement pour l’interview live que tu nous as accordé avec beaucoup de patiente et courage. Merci pour tes réponses qui bien sûr nous amènent à vouloir lire ton livre pour tenter de comprendre comment on se relève d’un tel drame.

« Rien que le titre est révoltant. C’est tellement vrai, douloureusement vrai. La victime est bien plus sanctionnée que le coupable. Se reconstruire demande des années alors que l’auteur est juste « enfermé », bien logé, bien au chaud, bien occupé. Je ne sais pas comment tu gères la colère et la haine tout au fond… »

« Un témoignage sincère, une interview feutrée, progressive et toute en pudeur. »