François Debout

Auteur de « Un chagrin merveilleux »

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Très jeune, je me laissais envouter par la musique des noirs américains décrivant leurs journées harassantes au milieu des champs de coton. J’en frissonnais. La litanie du blues décrivait l’existence mieux que n’importe quelle narration. Puis vint mon gout pour les histoires plausibles dont les engrenages me tenaient en haleine, les ambiances noires avec Jim Thomson, les machiavéliques avec Boileau Narcegac . Pareil pour les films, avec Henri-Georges Clouzot et Alfred Hitchcok. C’était le temps du réel, les surhommes et les super pouvoirs n’existaient pas encore, excepté dans la science-fiction, ce qui rendait ces histoires d’autant plus effroyables. Je me délectais des inventions des autres, souvent moroses. Puis je découvris « Les Innommables » et « Les Aventures d’Anselmes Levasseur ». La révélation fut Patrick Cauvin et son humour infaillible. J’appris que la lecture pouvait déclencher des rires. Ces trois montagnes que furent le blues, le machiavélisme et l’humour m’inspirèrent un changement de cap arrivé à la moitié de ma vie, alimentant agréablement les trois parties de ma personnalité, l’humour avec le théâtre, le dramatique avec la littérature et la mélancolie avec le blues.