Kitty Schmidt des Chemins de la délivrance

Kitty Schmidt est née à Berlin dans les quartiers pauvres. Son père était un alcoolique notoire et surtout violent, sa mère, une femme soumise. Kitty n’a jamais supporté cette vie misérable. D’un caractère déterminé, la jeune fille rêve de faire fortune. À quinze ans, elle s’enfuit donc de chez elle. Afin de gagner rapidement de l’argent, elle commence à se prostituer, mettant tout ce qu’elle gagne de côté.

Pour plus de facilité, les propos de Kitty Schmidt (allemande) ont été directement traduits en français.

[ATTENTION, RISQUE DE SPOÏL À LA DEUXIÈME QUESTION]

Confortablement installée dans le divan du salon, je la regardai. Elle était belle, même si les années étaient passées par là. J’inspirai profondément. Je n’avais qu’une envie, découvrir son histoire. Bien décidée à en apprendre davantage, je commençais…

• Comment en êtes-vous venu à ouvrir un tel salon ? Parlez-nous un peu de votre affaire ?

L’idée m’a été soufflée par l’un de mes clients réguliers. Il voyageait beaucoup pour ses affaires et m’a parlé des maisons closes qu’il fréquentait à Paris. Je lui avais parlé de mes rêves de richesses et de me sortir de la misère. Je savais que ce n’était pas en faisant le trottoir que je deviendrai riche. J’ai donc « travaillé » encore plus jusqu’à avoir assez d’argent pour ouvrir mon salon.
Mon affaire a un fonctionnement assez simple. Des filles travaillent pour moi. Elles me versent un pourcentage sur leurs prestations. En échange, elles sont logées nourries, blanchies. Je me suis aussi chargée de les faire éduquer. Je ne voulais pas de filles vulgaires. Je souhaitais un établissement chic. Les clients ont à leur disposition une bibliothèque, un bar, Enfin tout ce qui peut leur être agréable. Je considère plus mon salon comme un club pour gentlemen que comme une maison close.

• Comment avez-vous réagi en voyant la police débarquer chez vous ? Et votre réaction à leur annonce d’utiliser votre salon comme base d’espionnage ?

Lorsque la police a débarqué dans mon salon, je dois avouer que je n’ai pas tout de suite compris. Des maisons comme la mienne il y a beaucoup à Berlin. Cependant, la mienne était l’une des rares à être fréquentée par des personnes importantes, allemandes ou étrangères. J’ai tout d’abord tenter de fuir, mais dénoncée par l’une de mes filles, j’ai été arrêtée et jetée en prison. J’ai donc été contrainte de collaborer. Je dois avouer que je n’étais pas fière. Je ne me suis jamais occupée de politique. Je suis une femme d’affaire avant tout. C’est l’une des rares périodes où j’ai vraiment eu peur.

• Comment avez-vous vécu le nazisme ?

Dès que Hitler est arrivé au pouvoir, je me suis doutée que nous allions au-devant des ennuis. Cet homme qui prônait la suprématie de la race aryenne, c’était vraiment du grand n’importe quoi. J’ai vu des horreurs, lors de la nuit de cristal. Tous ces pauvres gens arrêtés pour être envoyés dans les camps au prétexte qu’ils étaient juifs, je dois avouer que j’ai eu honte d’être allemande. Même lorsque j’ai dû collaborer avec eux, jamais je n’ai cautionné leurs idées, bien au contraire.
Même si pendant cette période je me suis enrichie, je ne peux pas le nier, je considère que j’ai vécu les pires années de ma vie. J’avais constamment la peur au ventre. Peur d’être envoyée dans un camps. C’est ce que je risquais si je prévenais mes clients qu’ils étaient espionnés.

Satisfaite, je la remerciais. Elle me fit un signe de tête et je vis à sa mine fatiguée qu’il était temps que je la quitte. Mes notes contre ma poitrine, je sortis doucement de la maisonnée, ravie d’avoir pu rencontrer cette femme hors du commun. Comme quoi, ces années à étudier l’allemand ne m’auront pas été inutiles !

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